Paris, Texas

retrouvailles – Paris, Texas (capture d’écran)

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Aussi loin qu’il regarde (mais regarde-t-il vraiment ou est-ce une impression ?), il n’y a rien. Rien, sinon une étendue sans fin de terre rouge saupoudrée de sable ocre sous un ciel bleuté que les oiseaux désertent. Il fait chaud. Boire est le dernier luxe d’une sale journée.

Une phrase musicale élastique s’étire sans fin.

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Que s’est-il passé pendant les quatre années où il a disparu ? Où est-il allé ? Dans quelle ville (on n’imagine pas l’Amérique hors des villes) ? Que lui est-il arrivé ? A-t-il eu des ennuis ? Fait de mauvaises rencontres ? Mystère alourdi de silence. Jusqu’au bout, il n’y a pas de réponse. Jusqu’au bout, le silence.

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J’avais vu ce film en salle l’année de sa sortie et j’en ai toujours conservé quelques images dans mon souvenir. La casquette rouge coiffant sa tête dans le désert Mojave. Les séquences d’un bonheur en super 8. L’éphémère sur pellicule. Le temps mort. Le désert. La soif. Le rire des enfants dans la cour de l’école. Les avions. L’angoisse. Le silence.

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Et puis, bien sûr, la scène culte. Les retrouvailles dans le peep-show d’un quartier glauque de Houston où elle travaille maintenant. Derrière la vitre teintée qui les sépare, elle ne peut le voir. Il lui parle par téléphone. La première fois, elle ne reconnaît pas sa voix. Il ne lui dit pas qui il est. Lorsqu’il revient le lendemain, il lui raconte leur histoire en lui tournant le dos. Elle comprend alors que c’est lui. Elle pose ses mains sur la vitre comme si elle voulait, à l’aveugle, caresser son visage pour en retrouver sous ses doigts les contours. Il lui indique le nom de l’hôtel et le numéro de la chambre – 15-20 – où l’attend leur enfant. Elle ira le chercher tout à l’heure pour l’emmener avec elle. Il observe la scène depuis la rue. Il les devine derrière la baie. On dirait que tout est accompli. Il peut disparaître dans le soir tombant. Générique de fin.

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Passé la fin d’après-midi, confiné, à regarder Paris,Texas comme on absorbe une dose de poésie. Avec Harry Dean Stanton dans le rôle de Travis et Nastassja Kinski dans celui de Jane. Sous la signature de Wim Wenders. Palme d’or au Festival de Cannes en 1984.

Dans la lenteur des jours simples et ordinaires, sept minutes d’un bonheur en super 8 (bande son : Cancion Mixteca, musique de Ry Cooder).

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